Dernière mise à jour 19/07/2010
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21ème Congrès nîmes
Architecture contemporaine en centre ancien Alors - et c'était l'objet de la deuxième table ronde - comment intégrer l'architecture actuelle en centre ancien ; et, puisque la ville s'est toujours construite sur la ville, que doit-on conserver ? Bien sûr, toutes les villes ont un patrimoine qu'il n'est pas question de "toucher " sauf pour les maintenir en l'état (monuments historiques). Mais pour tout le reste où placer le curseur entre ceux qui veulent tout détruire (en s'arrogeant le droit de juger…) et ceux qui veulent tout conserver (sous prétexte que tout est patrimoine…) ?
L'architecte italien Andrea Bruno l'a très bien dit : " L'authentique sauvegarde de la ville est la modification en continue tout en veillant à faire des additions compatibles. Cela a été le cas quand, à Nîmes, j'ai transformé le Fort Vauban en une université ". Un sentiment partagé par Gérard Monnier, docteur ès lettres, pour qui l'inscription d'une architecture actuelle dans un centre ancien doit avoir une valeur ajoutée. Et de citer la pyramide du Louvre et sa valeur d'usage (fort et utile signal de l'entrée du musée), la Gare d'Orsay (que certains voulaient détruire…) ou le Carré d'art (Nîmes) bâti sur une friche. " Les mentalités ont évolué. Le mythe de la beauté par l'unité a laissé aujourd'hui la place à un désir de valeur ajoutée par l'intégration de bâtiments nouveaux dans l'espace ancien. " L'animateur des débats s'est ensuite tourné vers Andréa Bruno : " Faut-il respecter l'originalité et la destination première du patrimoine ? ". L'architecte italien considère que " Le mot clef demeure l'authenticité. La décision est difficile à prendre car elle doit faire appel à un consensus… " Et Daniel Le Couedic, architecte, de conclure : " Il faut considérer la ville comme une œuvre en soi et élargir le concept de patrimoine."
Comment concilier croissance urbaine et préservation du patrimoine ?
La troisième table ronde, " Croissance urbaine et patrimoine " a permis de bien mettre en lumière que l'importance des flux migratoires - il y a 1 500 nouveaux habitants par mois en Languedoc Roussillon - pousse les villes à se développer à la périphérie, tout en veillant à garder la maîtrise de ce développement. Pour Octavio Mestre, architecte à Barcelone, " C'est l'architecture qui donne l'ambiance d'une ville et il serait dramatique que son développement nuise à sa qualité de vie ".
Et Isabel Girault, directrice de l'Agence d'urbanisme de Nîmes France d'insister : "Le périurbain sera le patrimoine de demain… " Un constat partagé par Gérard Monnier qui a cité pour exemple le projet urbain de " Ville Active " à Nîmes qui représente le patrimoine de demain. Daniel Le Couedic a tenu à préciser qu' " au delà du patrimoine de pierre, il y a également celui de la tête et du cœur qui fonde nos politiques d'aménagement … " Dans sa synthèse, François Goven, Inspecteur Général de l'Architecture et des Monuments historiques au ministère de la Culture, a dénoncé les approches figées et donc réductrices. " Il faut que l'historien ou l'archéologue parlent avec l'architecte ou l'urbaniste pour que tous comprennent que le patrimoine est un vecteur de modernité ". Jacques Wermuth, président de Cobaty France a conclut ses deux journées de débats : " Facteur de cohésion sociale, le patrimoine ne peut être que vivant. C'est pourquoi, l'expertise des Cobatystes est irremplaçable ".

