Dernière mise à jour 19/07/2010
Recherche Document
Actualités
Liste des associations
Lettre d'information
Publications
Congrès
Devenir cobatyste
21ème Congrès de Cobaty à Nîmes
5/8 Octobre 2006
"Villes patrimoniales du Sud de l'Europe"
"Villes patrimoniales du Sud de l'Europe"
Le 21ème Congrès International de Cobaty s'est déroulé du 5 au 8 octobre à Nîmes. Thème retenu cette année: " Villes patrimoniales du sud de l'Europe ". A deux pas de la Maison Carrée du haut de laquelle vingt siècles nous contemplent… et face au Carré d'Art créé en 1993 par Norman Foster, ces débats étaient pour Cobaty Nîmes Gard l'occasion d'utiliser le formidable potentiel de la ville… Résumé. Ouverture des débats : de la Via Domitia au TGV Nîmes-Barcelone
Près de sept cent congressistes se sont donc retrouvés vendredi 6 octobre à 9h00 dans la salle du théâtre de Nîmes. Comme le veulent la tradition et le protocole, les deux premières heures de cette matinée ont été consacrées aux différents discours d'ouverture. Jean-Paul Fournier, Maire de Nîmes a rappelé les propos de Christian Ligier, romancier d'origine nîmoise : " Nîmes est une ville posée au carrefour de l'histoire et des relations humaines ". Aujourd'hui l'autoroute A9 a remplacé la Via Domitia, mais Nîmes confirme sa position stratégique au cœur des échanges Nord-Sud. Le maire a rappelé le patrimoine qui fait toute la richesse de Nîmes. "Nous avons fait classer l'écusson en secteur sauvegardé et avons élaboré une charte de mise en valeur de la garrigue afin de pérenniser notre territoire. " Le premier magistrat a également énuméré les grands noms de l'architecture qui ont signé un bâtiment dans la capitale gardoise : Norman Foster, Jean-Michel Wilmotte, Jean Nouvel etc.
Pour son 21ème Congrès, Cobaty avait choisi un invité de marque : Christian Estrosi, Ministre de l'Aménagement du Territoire. Le ministre a rendu hommage au Maire de Nîmes, " pour ses talents de bâtisseur " et s'est félicité du thème choisi pour ce Congrès. " Il s'agit d'un sujet passionnant : marché vers l'avenir sur les pas de l'histoire ! Je veux valoriser notre premier patrimoine : le patrimoine humain. C'est pourquoi j'ai mis en place les pôles de compétitivité qui devraient à terme être au nombre de 70 et permettre la valorisation de la recherche industrielle en France". La suite du discours de Christian Estrosi, s'adressait plus particulièrement au millier de Cobatystes réunis dans la salle du théâtre de Nîmes : " Je verrais bien l'intégration de Cobaty dans un pôle de compétitivité où l'Association doit trouver toute sa place ! " A la distribution des encouragements, la région n'a pas non plus été oubliée. Le ministre a répondu à l'appel du pied de Georges Frêche qui regrettait, lors de son discours d'ouverture, qu'en ouvrant Perpignan sur Barcelone grâce au TGV et en occultant la partie Montpellier-Perpignan, le Languedoc-Roussillon soit coupé en deux. " Je considère que la liaison Turin-Barcelone par rail est une priorité au même titre que le TGV Lyon-Turin afin de délester le trafic des poids lourds par la route en Languedoc-Roussillon… En 2009, les barreaux Barcelone - Perpignan et Gêne - Vintimille seront ouverts. Il ne manquera que Perpignan Montpellier et Nice-Marseille. Je soutiens le projet. " Et de conclure : " Nous ne pouvons être des artisans de l'éphémère, nous sommes les bâtisseurs de demain ! "
Le Cobaty Nîmes Gard avait décidé de rythmer des deux journées en trois temps. Il s'agissait tout d'abord de s'interroger sur ce qui fait la spécificité des villes patrimoniales du sud de l'Europe : " Villes patrimoniales ou trésors subis ". L'architecture contemporaine en centre ancien était le thème retenu pour la deuxième table ronde. Enfin le troisième et dernier temps de ces journées de travail était consacré à l'analyse des enjeux que génère la croissance urbaine de ces villes patrimoniales et les solutions proposées. François Goven, Inspecteur Général des Monuments Historiques au Ministère de la Culture, avait été appelé en tant que " Grand Témoin ", chargé de l'introduction et de la synthèse de ces débats. Pour lui, la création de l'année du Patrimoine en 1980, dont le succès a été très vif, a sonné la fin des " Trente Glorieuses ", " une période durant laquelle peu de choses ont été réalisées en matière de patrimoine. Les Centre Ville étaient encore misérables, sous le poids des dommages de guerres. La seconde date importante, se situe aujourd'hui, soit vingt-cinq ans plus tard. Le discours politique a changé. L'Anru permet d'avoir une vraie solution… "
Valoriser le patrimoine sans créer une ville-musée
Les intervenants à la première table ronde ont été unanimes : d'un côté la ville patrimoniale ne doit pas devenir un musée ; de l'autre, c'est souvent le patrimoine historique d'une cité qui lui donne son identité et permet à ses habitants de s'y reconnaître. Ainsi, pour Denis Grandjean, directeur de l'ENSAN (Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nancy) : " A la disposition de tous, visible par tous, le patrimoine architectural peut être un premier pas vers l'accès à la culture ". Ce que confirme Jean-Paul Volle, géographe et professeur à l'Université de Montpellier III : " Il y a quelque chose de puissant derrière le concept de patrimoine ; c'est comme s'il avait envahi l'imaginaire social ". Mais attention à ne pas se laisser " étouffer " par son patrimoine comme l'a bien montré l'exemple de Sienne, une ville de tourisme de masse (6 millions de visiteurs par an pour… 54 000 habitants) qui cherche à créer d'autres activités (artisanat, petites industries…).
Selon Fabricio Minuti, Maire adjoint à l'Urbanisme et aux transports à la Ville de Sienne (dont les propos ont été traduit par Renato Caronna, Président de Cobaty Trieste), " la restructuration de la ville est en cours car l'adaptation aux besoins actuels est nécessaire, sans pour autant déraciner le passé ! " Denis Grandjean qui se dit fervent défenseur du dispositif de protection du patrimoine, soutient " l'invention en France d'un système de protection qui soit plus à l'écoute des pouvoirs locaux". Les maires défendent tous la nécessité de la présence de l'Etat dans le dispositif, mais de petites modifications en petites modifications, le projet fini par être écarté ! "
Pour JP Volle, les propos des intervenants " démontrent bien que les trésors subis sont récupérés comme élément de modernité. Nous avons souvent une vision figée du passé. Mais le grand défi est bien de dépasser cette conception. " A la question de Didier Adès, " Fabrique-t-on du patrimoine ? ", le géographe a répondu sans hésitation : " Bien entendu, tous les jours ! On peut tout garder. " Et de citer pour exemple, le Musée International d'Art Modeste (MIAM) de Sète. " Une société qui ne vivrait que sur son patrimoine serait une société qui se meurt ! "
Valoriser le patrimoine sans créer une ville-musée
Les intervenants à la première table ronde ont été unanimes : d'un côté la ville patrimoniale ne doit pas devenir un musée ; de l'autre, c'est souvent le patrimoine historique d'une cité qui lui donne son identité et permet à ses habitants de s'y reconnaître. Ainsi, pour Denis Grandjean, directeur de l'ENSAN (Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nancy) : " A la disposition de tous, visible par tous, le patrimoine architectural peut être un premier pas vers l'accès à la culture ". Ce que confirme Jean-Paul Volle, géographe et professeur à l'Université de Montpellier III : " Il y a quelque chose de puissant derrière le concept de patrimoine ; c'est comme s'il avait envahi l'imaginaire social ". Mais attention à ne pas se laisser " étouffer " par son patrimoine comme l'a bien montré l'exemple de Sienne, une ville de tourisme de masse (6 millions de visiteurs par an pour… 54 000 habitants) qui cherche à créer d'autres activités (artisanat, petites industries…).
Selon Fabricio Minuti, Maire adjoint à l'Urbanisme et aux transports à la Ville de Sienne (dont les propos ont été traduit par Renato Caronna, Président de Cobaty Trieste), " la restructuration de la ville est en cours car l'adaptation aux besoins actuels est nécessaire, sans pour autant déraciner le passé ! " Denis Grandjean qui se dit fervent défenseur du dispositif de protection du patrimoine, soutient " l'invention en France d'un système de protection qui soit plus à l'écoute des pouvoirs locaux". Les maires défendent tous la nécessité de la présence de l'Etat dans le dispositif, mais de petites modifications en petites modifications, le projet fini par être écarté ! " Pour JP Volle, les propos des intervenants " démontrent bien que les trésors subis sont récupérés comme élément de modernité. Nous avons souvent une vision figée du passé. Mais le grand défi est bien de dépasser cette conception. " A la question de Didier Adès, " Fabrique-t-on du patrimoine ? ", le géographe a répondu sans hésitation : " Bien entendu, tous les jours ! On peut tout garder. " Et de citer pour exemple, le Musée International d'Art Modeste (MIAM) de Sète. " Une société qui ne vivrait que sur son patrimoine serait une société qui se meurt ! "